Découverte

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Le domaine ornemental de Fleyriat créé au XVIIIéme siècle autour d’un réseau hydraulique issu du XVIéme siécle se situe dans la plaine bocagère de l’Ain sur la commune de Viriat.

reseau

L’INCONNAISSABLE DESTIN DU DOMAINE DU CHATEAU DE FLEYRIAT

VECTEURS DE MÉMOIRE

Deux familles créent et portent le domaine du XVIIIème au XXIème siécles .

Des hommes d’exception se sont succédés avec la même volonté humaniste de

créer un lieu de vie où la nature et les hommes sont en communion .

 

 

FRANCOIS PHILIBERT LOUBAT BARON DE BOHAN

Chevalier de l’Ordre de Saint Louis

(1751-1804)

Première période

 

En 1780 François Philibert Loubat de Bohan a 29ans ,il acquiert les terrains de Fléyriat ,domaine agricole ,composé de terres,prés et bois, deux bâtiments longilignes presque paralléles,la Maison de maître dite la Maison carrée , puis l’ancien Château ,cousinent avec une grange , une écurie . Dans le verger est un colombier.

 

Le domaine est traversé par un réseau hydraulique issu du XVIéme siécle irrigant les terrains à la manière d’Olivier de Serres. .

 

Grand érudit ,sa bibliothéque de qualité citée par Lalande est vendue à Lyon en 1774 forte de 574 ouvrages dans un catalogue de 92 pages , elle comprend bien entendu l’oeuvre compléte de Voltaire , des ouvrages du siécle des lumières , Philibert de Bohan a 23 ans est alors capitaine au régiment de la Rochefoucault..

 

Officier de cavalerie ,major général de la gendarmerie Philibert de Bohan est chevalier de l’ordre de Saint Louis ,sa carriere militaire cesse en 1786 ;il n’a que 35 ans et revient à Bourg.

 

Le baron de Bohan est un visionnaire ; stratége militaire il écrit des ouvrages qui font autorité , l’un « Principes pour monter et dresser les chevaux de guerre ,3éme volume de l’ouvrage « examen critique du militaire Français », envié de Bonaparte ,qui aurait voulu être l’auteur de tels principes et stratégies.

 

De grande culture ,philosophe , homme de lettres , il participe aux sociétés savantes , il est co-fondateur de la société d’émulation de l’Ain ,à l’arboriculture , aux expériences d’implantation d’arbres étrangers , proche de Rousseau et Voltaire il adhérera à « l’homme ce la nature ».

 

Dés 1794 «  il fait de Fléyriat son immense jardin où il acclimate des arbres étrangers ».

 

Proche de Philibert Charles –Marie Varenne de Fenille , membre des sociétés d’agriculture de Paris,Lyon, Dijon et Bourg, de Joseph-Jérôme de Lalande docteur royal en astronomie, de Pierre Poivre éminent botaniste entre autres gouverneur des iles Bourbons .

 

C’est ainsi que le Baron de Bohan écrit sur l’art de faire prospérer l’Acacia ,étudia le froid, la chaleur.

 

Vu du ciel le domaine exprime sa progression et ses strates .Le baron créa en 1797 à Fleyriat une ferme modèle , une nouvelle écurie sellerie .En 1803 Il crée l’Orangerie et d’autres bâtments annexes et des jardins .

 

Séduit par les ouvrages d’eau , il envisage d’installer le bélier de Montgolfier , il n’en a pas le temps .

 

En 1800 il perd sa femme épousée en 1779 , le baron a deux filles l’une meurt à 15 ans, trois jours avant sa mère et l’aînée s’éteint en 1803 et meurt de chagrin en 1804 à l’âge de 53 ans.

 

(Eloge de Loubat de Bohan par Lalande.)

 

A la mort de Philibert le domaine est transmis à :

 

 Jean-Claude Loubat de BOHAN

 ( 1755-1839)

 Tel son frère aîné ,plus jeune de 4 ans le baron de Bohan est un brillant militaire

 

Général de division en 1793,il commande la cavalerie de l’armée du Rhin, reçoit la légion d’honneur en 1805, puis fait chevalier de saint louis en 1816.

 

A la retraite en 1797 , il vit à Fléyriat dans la Maison carrée de Bohan , dite l’ancien Château , puis meurt en 1839 à Bourg en Bresse.

 

Jean-Claude Loubat de Bohan est aussi un philosophe qui publie en 1791 un ouvrage philosophique « les doutes ,puis en 1795 un deuxiéme ouvrage ‘le médiateur ».

 

En 1847 sa fille Marie Thérése Née en 1815 décéde à 40 ans , la voici peinte à l’àge de 5 ans ;elle hérite du domaine ,qui sera transmis en 1859 à son neveu

 

 

Deuxiéme période

Sosthène Louis Charles Michet de Varine

(1830-1922)

En 1869 Sosthéne de Varine Bohan commande à l’architecte Edouard CORROYER élève de Viollet le DUC ,le Château actuel  ,le dessin et l’ aménagement du parc sont confiés à Derussy architecte paysagiste à Macon , paysagiste de Lamartine.

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Corroyer architecte écrivain ne construit qu’un Château Fléyriat.

 

Le Château s’inscrit dans le parc en pétales aux arbres séculaires

 

Edouard Corroyer réalise l’Hôtel de ville de Roanne, les églises de Vougy,Villiers et Saint-Cyr les vignes et un Château près de Bourg Fleyriat) .

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Il reconstruit le Comptoir national d’Escompte à Paris.

 

Architecte en Chef des monuments historiques , nommé inspecteur Général des édifices diocésains , restaure Soissons et l’abbaye du Mont Saint-Michel, les églises de Nesle,Ham etc... on lui doit de nombreux ouvrages , il est membre de l’Académie des Beaux arts en 1896 “ citation du Larousse p.300

 

Le Château de Fleyriat est d’architecture éclectique , il comporte le modernisme de l’époque ,chauffage calorifére , monte plat , alarmes et reçu l’avis élogieux de Viollet le Duc.

 

En 1888 Sosthène Louis Charles Michet de Varine remet le domaine à :

Louis François Justin VABRE 1829 -1915

 

Colonel des gardes nationales de la Seine , Gouverneur de l’Hôtel de ville de paris –commandant de l’Hôtel de ville., Officier de la légion d’Honneur .

 

Louis VABRE est également armateur à Trieste , propriétaire des fours à chaux de Dcazeville et des Thermes de Bagnols de l’Orne, celui-ci fait du Domaine du Château de Fleyriat un lieu d’agrément , de réception et de villégiature accueillant de nombreuses personnalités françaises et étrangéres , dont le Général Louis JulesTROCHU (1815-1896),Gouverneur de Paris ,Président du Gouvernement de la Défense Nationale(1870-1871) avec lequel il échange jusqu’à sa mort , Ferdinand HUMBERT artiste peintre ,académicien , membre de l’institut , élève de PICOT, de CABANEL et de FROMENTIN, il réalise plusieurs œuvres ,dont en 1888 le triptique »Maternité » pour l’Hôtel de Ville de Lyon et plusieurs compositions consacrées aux grandes femmes chrétiennes de la France pour la chapelle du Panthéon.Ferdinand Humbert séjourne souvent l’Eté à Fleyriat , il met en relation Louis VABRE et le portraitiste LAZERGES .

 

Paul Nicolaîevitch JABLOSKOFF(1847-1894) se rend à Paris en 1875 et ne rentre en Russie que peu d’années avant sa mort, on lui doit en particulier l’invention de la lampe à arc (bougie jabloschkoff) qui ont permis l’éclairage des boulevards de Paris et de Londres ,Patrice de MAC-MAHON , comte de Mac Mahon , duc de Magenta (1808-1893),président de la République française ente 1873 et 1879.

 

Il faudrait plusieurs pages à ce dossier pour relater le cercle amical des artistes , des intellectuels , hommes politiques ou savants qui entourent Louis VABRE et se rendent à Fleyriat.

 

Là est une photo dédicacée par le comte commandant de LEGGE , ici est un souvenir de Smyrne offert par CERNUSCHI en souvenir de Gustave CHAUDET l’ ami commun .

 

Là commence la grande collection de Henri Cernushi , passion qu’il développe au cours de ses voyages , cette passion générera une grande collection qui aboutira au musée CERNUSCHI internationalement connu.

 

Mieux encore , Louis Vabre membre du très fermé CLUB VOLNEY par son charisme et sa grande culture , cet homme d’action a des échanges avec le Tsar de Russie Nicolas II et le roi de Hollande .

 

Un vol retentissant au Château de Fleyriat en 1891 relaté par le Journal de l’Ain cite le vol de cadeaux offerts par les souverains . Ce document est aux archives de l’Ain.

 

Tel Sosthène de Varine reçu le domaine de Fleyriat de sa tante Marie- Thérèse Loubat de Bohan , au décès de Louis Vabre , la nièce de Louis VABRE Marie VERNIER 1873-1939) épouse d’Eugène LOUBINOUX héritera du domaine,leur fille Geneviéve LOUBINOUX le recevra en 1939, épouse Henry Alexandre Bazile René GOMARD .,En 1995 le domaine est transmis à leur fils Pascal Louis Henry Gérard GOMARD et à leur fille Isabelle Jeanne Marie Jacqueline GOMARD épouse Jean-Yves André le BIHAN.

Jusqu’à la déclaration de guerre de 1914 , le domaine de Fleyriat rayonne d’ illustres rencontres et l’on aime voir passer l’attelage à quatre chevaux pommelés du Colonel Louis Vabre.

1914-Cette date est une fêlure pour le domaine , les chevaux sont réquisitionnés, les domestiques partent à la guerre ,une livrée porte encore dans une poche une gazette annonçant la triste nouvelle.

A la seconde guerre mondiale Fleyriat est occupé par les allemands , puis par les américains.

Peu à peu le domaine devient un lieu de villégiature ,la famille résidant alors à Paris ,

où chacun exerce ses activités professionnelles .

C’est ainsi que le Domaine du Château de Fleyriat devient au XIXéme siècle plus

connu des cercles Parisiens de la Capitale ,qu’en Bresse à l’abri de ses hauts murs ,

puis, qu’au XXéme siécle le domaine subit de grands travaux guidés par des politiciens peu scrupuleux du Patrimoine.

Un transformateur électrique bardé de ses pylônes embellit ce que l’on ne peut appeler encore les abords , quelques années plus tard une Rocade poursuit cette oeuvre anti- Patrimoniale qui sera condamnée par le conseil d’Etat le 11 mars 2008.Fallait-il se souvenir qu’en 1974 selon le même intérêt , l’Hôtel de BOHAN est vidé de son contenu pour recevoir quelques tonnes de béton pour construire Les locaux de l’actuelle Mairie.

C’est un combat patrimonial de plus de 15ans qu’engagent Jean-Yves le BIHAN et la famille pour aboutir à l a protection totale du domaine du Château de Fleyriat

le 15-mars 2013,celui-ci ex-délégué Régional du Rhône Alpes de l’association la Demeure historique est actuellement Délégué départemental de l’Ain

Si la faute de la Rocade Nord n’est pas actuellement réparée , la reconnaissance patrimoniale et historique du domaine confirme le statut des temps passés et se dessine alors le projet et la volonté de redonner au Domaine du Château de Fleyriat l’aura et la vie qu’il mérite .

Marie BARDISA conservatrice régionale des monuments historiques en 2013 exprime :

« Le Château de Fleyriat mérite pleinement une protection au titre des monuments historiques pour l’ensemble complet et homogène qu’il forme avec son domaine .

 

La survivance de l’ancien Château en marge du nouveau est suffisamment rare pour être soulignée.Le bâtiment de l’Orangerie,construit pour le baron de BOHAN , botaniste amateur dans la lignée des physiocrates , méritait à lui seul une protection.

 

Et, un tel domaine ayant conservé intacts ces strates d’occupation reste, pour l’instant et en l’état de nos connaissances assez unique dans ce département »

On retiendra :

- la volonté humaniste de Philibert et Jean-Claude de BOHAN , le hameau , les terres aux expériences arboricoles,le réseau hydraulique

-de Sosthéne Louis MICHET DE VARINE : le Château NIII

 

- de Louis VABRE, la terrasse rapportée au Château selon les plans de CORROYER

 

des plantations et L’incomparable cercle d’amis , fidéles jusqu’à la mort.

 

de Philibert les tempêtes eurent raison des arbres , un grand Chêne reste témoin et quelques autres .

 

Sosthéne a toujours un Wellingtonia (sequoia ) 1867 ,touché par la foudre il tient bon.

 

Louis VABRE a marqué sa venue en 1888 par un très beau cèdre bleu

 

La plupart des arbres sont XIXémes puis vers1960 et des plantations récentes en 2009.

 

Si le parc a perdu 400 arbres entre les tempêtes de 1999 et la Rocade , nous venons de lui redonner 250 arbres.

 

En plus de 230 ans deux familles ont permis que le Domaine de Fleyriat existe , le charme perdure , comme l’amitié qui unit encore aujourd’hui leurs descendants .

 

de Philibert LOUBAT de BOHAN de Louis VABRE

 

Les MICHET de VARINE –BOHAN Les GOMARD - le BIHAN

 

Copyright

Credits photographiques Château de Fleyriat

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